A propos du portfolio “Coexistence” : l’imaginaire du reflet

FR

Représentation décalée du monde dans l’espace et le temps, la photographie est un miroir au reflet immobile épinglant des indices destinés à nourrir notre imaginaire. Elle mène à une lecture transposée de la réalité.

La photographie telle que je la pratique questionne les formes et leurs sens. Explorateur, je cherche à éclairer des points, cachés au premier regard, tentant de présenter l’essence des choses ou d’ouvrir les portes à une nouvelle interprétation de notre environnement.  La lecture de l’image étant double, son aspect formel offre également aux yeux détachés du matériel, une lecture purement abstraite et sensible.

La série « co-existence » présente deux mondes qui s’enchevêtrent ou s’ignorent tout en coexistant. L’homme y est présenté en fusion avec l’architecture des villes modernes. La nature quant à elle porte des traces d’intervention humaine. Comme dans un jeu, l’imagination ouvre des passages d’un monde à l’autre parfois au travers de reflets mais toujours via des rapprochements d’images. La relation que les images entretiennent avec leurs référents devient énigmatique. Elles forment des ensembles à démailler. Chaque observateur puise dans son univers culturel et émotionnel pour s’approprier l’image.

Les prises de vue sont analogiques et non truquées. Le doute est néanmoins permis car le graphisme de certaines photos évoque la simulation informatique. Les images ne sont pas mises en scène. Comme si elles existaient déjà à l’état latent dans mon imaginaire. Elles sont saisies sur le vif. Ma tâche consistant à les matérialiser.

Ces fragments d’une réalité complexe, sont par la suite mixés pour alimenter l’idée d’un monde qui est peut-être autre que celui perçu au premier degré.


Jean Lambert juin 2015

Reflection’s imaginary

EN

In a world of shifting representations in space and time, photography is a mirror, a still reflection, underpinning clues for our imagining. It leads to a transposed reading of reality. The observer draws from its cultural and emotional background in making the picture his or hers.

Photography as I practice it attempts to question shapes and their meaning.
As an explorer, I seek to illuminate areas that are hidden at first glance. My wish is to present the essence of things or to open doors to a new interpretation of our environment. In reading the images simultaneously with detached eyes, shapes also provide a purely abstract and sensitive reading.

The series "co-existence" shows two intertwined worlds interacting or ignoring each other but still coexisting. The human being is captured in fusion with the architecture of modern cities. Nature bears traces of human intervention. As in a game, there are paths leading from one world to the other, some through reflections but always through the photographic mirror and the comparative image. The relationship that the photos have with their referents becomes enigmatic. They form sets to unravel.

The photos are taken live in the field, unstaged. They are analog and none faked. They represent moments that I saw and lived. It is as if they existed in a latent state in my imagination. I seize what my eyes see and materialise it on
paper.

In some situations, the graphic casts doubt of a computer simulation. The pictures transport the observer to another reality, feeding the idea of a world that may be different from the one we see.
Jean Lambert June 2015